Planefinder - Journal de voyage de Lucy Flathead

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Planefinder - Journal de voyage de Lucy Flathead

Message par SPX Spécial le Sam 28 Fév 2015 - 23:25

Ouf ! Je peux me poser et mettre sur papier le déroulement des derniers jours. Comme je n’ai pas bien tout suivi, je l’avoue, je risque de me tromper un peu au niveau des noms. Je serais plus attentive la première fois. Tatouille m’approuve.

Pour faire simple, je cherche à me rendre à Sigil. Pour subsister, et tout en cherchant un moyen d’y aller, je travaille à Nirmathas. J’ai été chargée par un représentant de l'église d'Abadar, de me rendre dans un petit village au nom de « Source lavande » pour y collecter les droits d'exploitation de la soure. Je ne suis pas seule : Maerrow l’homme-chat agile et rusé et Rochus, le guerrier lourdement armé. Une fois arrivés sur place, on constate que le village semble avoir quelques petits problèmes : quelques dégâts à droite à gauche, les restes d'une habitation incendiée. Un individu extraordinaire approche de nous : on dirait un centaure, sauf que par sa taille il tient plus du bélier que du cheval. Il se présente : Gorgar, un fier guerrier du peuple des Bariaures. Il vient d’Ysgard, une terre luxuriante où sa harde vit sous l'égide d'un panthéon proche de la nature. Il nous explique qu’il est venu par un portail (faudrait que j’en trouve un vers Sigil), et qu’il a remarqué que la forêt était anormalement calme et silencieuse – peu d’animaux, encore moins de bruit… Il rejoint notre équipe, et nous invite à voir le panneau d’offres d’emploi à l’entrée du village. Nous allons tous ensemble voir le prévôt, suivant les instructions.

Le prévôt nous explique qu’on a pendu le tanneur après l’avoir surpris en plein acte de cannibalisme sur le corps sans vie d'une jeune novice nouvellement initiée, et que d’autres personnes ont disparu. Dans un élan de colère des habitants présents, le tanneur a été pendu, mais le lendemain matin, son corps avait disparu sans qu’on décèle la moindre trace, le nœud coulant n’avait même pas été défait. Le prévôt est prêt à nous donner une récompense équivalente aux impôts qu’il doit. Il prétend qu’il aurait eu le temps de rassembler plus d’argent si nous n’étions pas venus plus tôt que prévu, mais Tatouille me murmure qu’il nous cache quelque chose. Mes compagnons de voyage n’y prennent pas garde, et nous partons en direction de la forêt. Gorgar pense que le mystère viendrait de là. Je l’approuve. Rochus se contente de suivre.

Et nous passons notre première matinée à explorer la forêt au nord. Nous avons eu une mauvaise surprise double : une rencontre avec une petite fille qui n’avait plus rien d’humain, mais qui tenait tout de la goule, en train de mâchouiller un cadavre d’ours. Très solide et plutôt hargneuse. Et quand nous l’avons tuée, elle est tombée en poussière en quelques secondes. Dévorée de curiosité, je prélève une poignée de cette étrange substance. Peut-être que le tanneur a été infecté, d’où le cannibalisme et le fait que le cadavre ait disparu, tombé en poussière et emporté par le vent.

Mais nous n’avons pas le temps d’y réfléchir davantage. L’ours se relève, et nous constatons avec terreur que c’est un ours-goule. Un combat bref mais violent s’ensuit. L’élémentaire de terre que j’appelle pour nous aider se montre d’ailleurs un peu beaucoup maladroit. Enfin… Une fois mort, l’ours se désagrège à son tour. Mais Maerrow et Rochus ont été sérieusement blessés. Nous prenons la décision de retourner au village pour les soigner.

Nous nous rendons chez l’apothicaire local, et sommes reçus par lui-même et ses deux initiés. Dès qu’on parle de « goules », l’un d’eux fait une syncope. Maerrow et Rochus sont plus ou moins rafistolés. Je montre à l’un des initiés (nommé Caleb) les cendres de la goule. Il fait des tests dessus, et amène un rat pour la lui faire goûter. J’essaie de l’en empêcher, en lui expliquant l’origine de cette poudre. Mais alors que je suis en pleine explication, le rat mange l'appât contenant la poudre. Il souffre alors un terrible martyr, et meurt dans une douleur que j’imagine inimaginable (hé, pas mal comme rhétorique !). Rochus sort son épée pour le décapiter. Le rat-goule ouvre l’œil une demi-seconde avant de se faire étêter, et les deux moitiés finissent en poussière.

Mon pauvre Tatouille... un de tes congénères normaux a connu une bien triste fin. J’aurais dû faire plus attention. Pardon, mon petit, pardon !

Quoi qu’il en soit, voilà que Caleb fait son paquetage pour nous accompagner ! Son maître n’est pas du tout content. On essaie mollement de faire réfléchir l’initié, mais la nécessité d'avoir quelqu'un apte à nous aider en cas de blessures ou de contamination prend très vite le dessus. Nous repartons vers le nord, en direction d'une ferme que nous savons avoir été le théatre de la disparition de ses habitants - étape qui nous semble indispensable pour atteindre sans trop de casse la cabane plus au nord où vit un ermite qui pourrait nous apporter un témoignage précieux.

Durant notre exploration (Gorgar nous ouvre la piste), nous trouvons la caverne de l’ours, vide. Puis nous arrivons à l’une des fermes isolées. Personne. C’est la fin de l’après-midi. Nous faisons du repérage aux alentours, au cas où. Caleb en profite pour ramasser quelques herbes à médication. Le soir venu, je prépare le lapin chassé par Maerrow, avec des aromates trouvés par l’initié. Tout le monde semble apprécier le repas, si j’en crois les mines béates. Je profite du répit pour mettre mon journal à jour. Et je joue un peu avec Tatouille avant d’aller me coucher. Dire que j’ai oublié de lui donner à manger, tout à l’heure !


* : édit par karzak


Dernière édition par SPX Spécial le Mar 31 Mar 2015 - 16:34, édité 1 fois

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Journal de voyage, point de vue de Tatouille, rat céleste

Message par SPX Spécial le Sam 7 Mar 2015 - 22:08



Bon, allez, cette écervelée de Lucy n’a pas tout retenu, il a fallu que je lui souffle la moitié de ce qui s’est passé. Je vais prendre le relais, je sais qu’elle sera d’accord. De toute façon, si ce n’est pas le cas, c’est la même chose !

Lever après une longue nuit. J’ai passé la nuit sur une poutre au plafond. Et j'ai eu le sommeil hanté de cauchemars, pour laquelle Lucy Flathead (elle mérite vraiment bien son nom, celle-là !) est responsable ! Après ce qu’elle a fait à mon pauvre congénère hier, il va falloir qu’elle gagne mon pardon ! Lucy se réveille. Elle me voit, et je lui transmets ma douleur par image télépathique. Et ça marche. Elle s’excuse avec des larmes au bord des yeux. Ah… je suis un trop grand romantique. Je n’ai jamais pu résister à un sourire bordé de larmes de sa part, surtout s’il est accompagné d’un bout de comté. Je descends, et le mange tranquillement. Voilà, ma fille, tu l'as, mon pardon. Ça ira ?

Caleb, l’initié parti avec nous, s’est endormi à la table. Il a passé la nuit à s’occuper du cas Rochus, qui était démoli de partout. Il a aussi préparé trois fioles de potion. Lucy le réveille, il explique que ces potions sont « énergisantes ». Rochus a l’air en pleine forme, quoiqu’un peu flapi.

C’est là que je me rends compte qu’il n’y a trace ni de Maerrow, ni de Gorgar. Remarque, pas plus mal, cet homme-chat de malheur ne va plus me menacer. Lucy sort, appelle… personne ne répond. Je saute dans la poche de son gilet, et nous cherchons le Bariaure pendant des heures. Soudain, nous retrouvons Gorgar, il est très inquiet : le portail par lequel il est arrivé a disparu ! Ma bienfaitrice promet alors de l’aider à trouver un autre portail dès qu’ils auront contenu cette épidémie goulifique. Il approuve.

C’est alors que nous voyons arriver un drôle d’individu. C’est un Tengû, une espèce de corbeau humanoïde portant des vêtements de cuir renforcé. Remarque, ça vaut bien un homme-chat. Gorgar lui intime de ne plus bouger. L’étrange personnage prétend venir du nord. Gorgar se présente, et l’autre lui répond. Il s’appelle donc Plume d’Ébène, et n’est pas disposé à nous dire ce qui l’amène par ici. Son mutisme n’est pas du goût du Bariaure, ni de Rochus, l’Humain. Lucy s’interpose pour éviter une bagarre, et explique à ce Tengû le pourquoi de notre équipée. Cette histoire de goule qui tombe en poussière fait tiquer l’homme-oiseau. Manifestement, il a vu le même type de problème.

Gorgar reste sceptique, et veut une preuve de la bonne foi de Plume d’Ebène. Le Tengû se propose alors de guérir les blessures. Rochus fait des exercices d’étirements, il refuse. Gorgar, qui a toujours des éraflures sur sa croupe après sa course effrénée du matin, accepte. Plume d’Ébène se contente de poser sa main semblable à la patte noire d’un oiseau sur la cicatrice, qui s’estompe. Il est ainsi accepté dans le groupe. Notre équipée prend des allures de cirque ambulant !

Nous marchons quelques heures vers le nord, avant que l'on décide de s’arrêter. On dresse le bivouac au milieu de la forêt. Gorgar prend le premier tour de garde, Lucy prend le deuxième avec Plume d’Ébène. Ils font ainsi connaissance. Il lui paraît bien sympathique, et à moi aussi. Alors qu’ils sont à bavarder, Gorgar dit que quelque chose bouge, à quelques centaines de mètres. Ni le Tengû, ni la patronne n’arrivent à voir de quoi il s’agit. Enfin, le Bariaure reprend un tour de garde, et nous retournons au sommeil.

Quand nous nous levons, Gorgar nous explique qu’il a bien vu une ombre aux yeux brillants nous observer. Il a tenté de l’effrayer, sans succès. D’après les connaissances de Lucy, ce n’est pas le comportement typique des morts-vivants ordinaires. En même temps, depuis qu’on marche dans cette forêt, rien ne marche normalement ! Une fois le petit déjeuner expédié, on se remet en route.

Gorgar nous ouvre la voie, mais il semble moyennement sûr de lui. Plume d’Ébène propose alors de « prendre de la hauteur ». Soudain, il déploie une immense paire d’ailes de flammes surgies de nulle part, et prend son envol. Waow ! Il nous indique une route à suivre. Il nous faut une petite heure pour arriver jusqu’à un champ. Le Bariaure et l’initié observent que la putréfaction n’a manifestement pas touché les cultures. Pas encore. En même temps, la forêt n’a pas l’air spécialement pourrie, non plus.

Caleb propose que quelqu’un utilise une de ses nouvelles potions qui permettrait de sauter très haut, afin de pouvoir voir en hauteur. Rochus dédaigne la potion, et préfère grimper à un arbre. Il redescend bien vite. Nous arrivons finalement à la ferme. La nuit tombe, une fois de plus. Caleb trouve de la farine et du grain – il va nous faire à manger. Miam miam ! Pendant ce temps, Gorgar décide d’aller chasser. Plume d’Ébène et Lucy l’accompagnent, pendant que Rochus fabrique de quoi barricader la porte.

Nous voyons d’abord un puits (bien, Caleb pourra préparer du pain). Ma bienfaitrice voit les traces d’un oiseau, qui a l’air de tenir du gallinacé. Un canard, une poule ? Gorgar repère plus précisément une piste. Au passage, Lucy demande au Tengû si ça ne le dérange pas qu’on chasse un de ses congénères. Il n’apprécie pas spécialement la blague, pas plus que le Bariaure quand elle fait allusion à ne pas chasser le mouton ou la chèvre sauvage. Elle aurait mieux fait de la fermer. Et voilà qu’ils parlent de me servir pour le dessert si elle ne ramène pas de quoi manger ! Mais qu’est-ce qu’ils ont tous à vouloir me bouffer, ces morfalous ?

Comme elle tient beaucoup à moi et qu’elle a peur de voir ces menaces mises à exécution, Lucy part donc à la chasse avec Gorgar. Caleb va chercher des plantes et des baies. Plume d’Ébène reste dans la masure.

Nous nous éloignons de plusieurs centaines de mètres, à la recherche d’un gibier, lorsque le Bariaure lève la main, pour faire signe à la gourdasse qui m’entretient de s’arrêter. Il entend des bruits de lutte dans la direction de la ferme. Miséricorde ! Alors que nous approchons finalement de la ferme, nous tombons sur Caleb qui revient lui aussi. Il semble soulagé de nous voir. Comment lui en vouloir, lui qui est plus apte à manier la soupière que la rapière ?

Une fois revenus à la ferme, nous voyons Rochus, dans un sale état, tenant par les pattes dans la main cinq poulets morts. Plume d’Ébène nous confirme que de nouvelles goules ont attaqué, mais qu’il a géré la situation. Des poules-goules… Ils ont été attaqués par des poules-goules ! Ou des goules-poules, je ne sais plus. Là, ça tourne au festival ! Le Tengû a l’air d’avoir salement dégusté, lui aussi. Ses plumes blanchissent à vue d’œil. Sapristi ! Il a dû être infecté ! Vite, ils demandent à Caleb de lui administrer un de ses remèdes.

Caleb nous a préparé un souper qui a l’air vraiment délicieux. Mais Rochus boude dans son coin, j’ignore pourquoi. Qu’importe, un bon repas fait toujours plaisir. Finalement, le guerrier Humain accepte de se laisser soigner par le Tengû. Celui-ci a expliqué à Lucy qu’en tant qu’oracle, il est capable de manipuler les énergies positives et négatives.

Quand c’est le tour de garde de Lucy, elle aperçoit quelque chose, dans la brume du petit matin. On dirait Déjin, le tanneur mort pendu. Elle réveille Gorgar, qui réveille Plume d’Ébène. Ce dernier reconnaît l’étrange individu – avant de nous rencontrer, il l’avait croisé en train de s'attaquer à une fillette (enfin, si j’ai bien compris son chuchotement, mais je ne suis pas sûr). Le Bariaure et le Tengû sortent pour tenter d’encercler Déjin, tandis que la brave fille reste à la fenêtre, prête à faire parler les énergies magiques.

Gorgar charge l’individu. Plume d’Ébène sort à son tour de la cabane, ouvre le bec, et déverse un torrent de flammes sur Déjin. Impressionnant ! Misère, il touche aussi Gorgar ! Les deux prennent feu. Lucy envoie un bon vieux projectile magique sur la supergoule. Celle-ci s’en prend violemment au Bariaure. Caleb file au puits pour aller chercher de l’eau afin d’éteindre le feu qui consume Gorgar. Rochus, réveillé en sursaut, prend le temps d'enfiler son armure avant de se saisir de son épée. Le Tengû charge la goule, cimeterre au clair. Deuxième projectile magique sur Déjin qui n’en démord pas. Il flanque un tel coup de pied dans les côtes du Tengû que ce dernier est projeté au sol (d’où l’expression « voler dans les plumes », je suppose). Caleb balance un grand seau d’eau sur Gorgar, noyant ainsi les flammes.

Lucy est à court de projectiles magiques, elle passe à quelque chose de plus conventionnel : l’arbalète légère. Le premier carreau rate, mais le deuxième atteint sa cible ! Déjin commence à fatiguer, il se bat de moins en moins bien. Gorgar se jette sur lui, et lui envoie un magistral coup de sa Morgenstern. Le tanneur est littéralement catapulté en l’air. Son corps n’a pas le temps de toucher le sol qu’il tombe déjà en poussière.

Je remarque alors quelque chose de bizarre, que je chuchote à Lucy : Plume d’Ébène parle en langue céleste. Lucy lui demande pourquoi, il ne semble pas comprendre. Lucy lui redemande en céleste (heureusement, elle a appris à le parler), et il nous explique son tracas : un oracle comme lui tire son pouvoir d’une illumination des forces divines accompagnée d’une malédiction. Chez certains, ça se traduit par une atrophie de la jambe, chez d’autre une surdité brutale, et chez lui, ben… quand il est en état de stress, non seulement il ne peut plus parler autre chose que le céleste, mais en plus il ne comprend plus aucun autre langage ! Bon, au moins, ma bienfaitrice le comprend.

Caleb va devoir travailler d’arrache-pied pour soigner tout le monde. Rochus montre alors quelque chose dans les cendres de Déjin, une sorte de pendentif en quartz rose qu’il a mis dans un bocal après l’avoir récupéré du bout de l’épée. Lucy va l’examiner. C’est réactif à une détection de la magie et les ondes émises sont nécromantique, mais elle n’arrive pas à comprendre la signification de la rune en forme d’"abeille" gravée dessus. Aucun de ses camarades n’arrive à déterminer ce qui est rattaché à ce signe – Lucy recopie au moins la rune sur un parchemin. Par contre, quand elle fait mine de le saisir, je crie de toutes mes forces télépathiques un « hors de question ! » Non, cette saloperie pue à plein nez ! Finalement, c’est Plume d’Ébène qui s’y colle pour porter ce bocal.

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Troisième entrée

Message par SPX Spécial le Dim 3 Mai 2015 - 21:26

Je reprends mon récit après quelques événements ma foi plutôt tourneboulants. Quel désordre ! On a trouvé l’ermite. Elle nous a gentiment accueillis, et a tenté sournoisement de tous nous tuer avec ses goules pendant notre sommeil. Faut dire, après enquête, qu’il s’agissait d’une prêtresse à la retraite qui avait l’intention de pratiquer un sacré rituel qui aurait mis une pagaille indescriptible dans l’équilibre de la vie et la mort. Déjin était d’ailleurs son rejeton, sacrifié et changé en super-goule transmettant la pourriture par morsure. Ah, c’est beau, l’esprit de famille. Quoi qu’il en soit, on s’est défendu, on a débité tout ce pas beau monde en petits morceaux, et on a foutu le feu. Ma bienfaitrice a trouvé pas mal d’objets bizarres, de quoi éveiller la convoitise de n’importe quel aventurier.

Justement, elle regarde un peu ces trésors. Il y a, entre autres, une paire de bottes magiques, une pierre rose anciennement dédiée à un dieu maléfique qui a été « neutralisée », et qui permet de mieux canaliser l’énergie positive tout en convertissant l’énergie négative en énergie positive, des potions fortifiantes, et une belle dague à lame d’argent que Lucy garde sur elle, après approbation du reste du groupe.

Maerow nous enjoint de partir vers un endroit en particulier vers l’ouest, jusqu’à Korvosa. Apparemment, à défaut de son petit doigt, c’est son anneau qui lui aurait dit de s’y rendre. Lucy acquiesce, vu qu’elle n’a pas de direction précise où aller. Et puis, il y a une académie de magie là-bas. Cela lui permettra de se renseigner sur ses propres origines.

Comme nous avons appris que d’ici deux jours, il va y avoir une éclipse qui va provoquer un effet bœuf, le niveau de magie local va augmenter un grand coup. Maerow conseille le bourgmestre de cette bourgade de bouseux d’évacuer.

En guise de remerciement, le bourgmestre nous a laissé des chevaux. Nous repartons avec Maerow, Caleb, Plume d’ébène et Gorgar, qui ouvre la marche. J’ai oublié de signaler que le Tengû avait été infecté au point d’en avoir les plumes toutes blanches. Heureusement, il va mieux, et son plumage commence à reprendre ses couleurs naturelles.

Nous chevauchons le long d’une rivière. Deux jours plus tard, l’événement se produit : la lune cache le soleil, ne laissant visible qu’une couronne écarlate. C’est joli, mais il se passe un truc pas terrible : je me mets à briller ! Et ma maîtresse également ! En fait, avec la montée de magie, ça passe par Lucy, et ça va la faire déborder. Misère ! Elle risque d’exploser ! Elle descend à toute vitesse de sa monture, et va vider ses énergies magiques. La moindre sphère de feu a réduit en cendres une clairière entière. Va falloir qu’elle mouche la chandelle le temps que cette éclipse passe.

L’éclipse va durer quatre jours. Maerow estime que la nature va devenir particulièrement hostile. Les animaux vont fuir, mais les plantes pourraient se montrer plus agressives. Une brume se lève, c’est pas rassurant. Cela rappelle d’ailleurs quelque chose au gros chat. Il aurait fait un rêve mettant en jeu cette brume et des ruines bonnes à visiter. Lucy sort son arbalète. Mais la journée se passe sans plus d’anicroche.

Le lendemain, deuxième jour, on longe toujours la rivière, mais il y a quelque chose de différent : le ciel est désormais complètement écarlate, il n’y a plus de couronne. Lucy marmonne : « M’étonnerait pas qu’on ait changé de plan… » Maerow explique alors que son anneau a l’air de servir comme catalyseur de magie. On continue de le suivre. Je brille moins, c’est toujours ça.

Troisième jour. La brume s’intensifie. Sauf que lorsque Maerow lève la main, la brume s’écarte, comme si l’anneau traçait un chemin dans cette purée de pois. Plus ça va, plus ça devient du grand n’importe quoi, cette histoire. D’après notre homme-chat, il aurait vu une ruine dans ses rêves, elle ne serait pas loin. Et l’anneau lui enjoindrait de se rendre à cette ruine. Y aurait-il une explication dans ce lieu ? Quoi qu’il en soit, au bout d’un temps indéterminé, nous arrivons devant une grande bâtisse en forme de fer à cheval.

C’est grand, très grand, la structure fait plusieurs dizaines de mètres de haut. Lucy sent qu’il y a une forte augmentation de radiation magique, mais elle ne réussit pas à déterminer d’où ça vient, précisément. Entre le sol, la bâtisse, la brume, moi… Bon, ils font monter les chevaux sur l’escalier central, pressés par la brume qui tourbillonne autour de la construction. Il y a trois tours, chacune portant sur son sommet un dôme de verre. C’est joli ! Tiens, il y a une quatrième tour plus haute derrière le dôme de verre du milieu.

Maerow tente d’ouvrir la porte d’entrée. Dure à ouvrir. Gorgar, plus musclé, y parvient. À peine sommes-nous entrés que les torchères s’allument toutes seules. Pour la discrétion, c’est loupé. Ma bienfaitrice me recommande de ne pas quitter la poche de son gilet. Pas besoin de me le dire, ma fille, je refuse de m’éloigner !

Le hall d’entrée est vétuste. Devant nous, au bout d’un escalier, on voit un dôme de verre (ou de cristal), comme une grande baie vitrée, qui semble contenir une serre. Un truc qui est très bizarre : c’est comme si le sommet des tours avait été construit avant le reste de la bâtisse, et que plus on descend, plus la construction semble récente. Ouais, comme si, au lieu de rajouter des bâtiments pour faire monter cette forteresse de plus en plus haut, on avait commencé par la construire par le sommet, avant de bâtir les étages inférieurs au fur et à mesure. Lucy frissonne : plus on monte, plus la magie est puissante. En fait, c’est comme si la magie usait le bâtiment, d’où cette impression d’usure. Deux possibilités : il y a quelque chose qui émet de la magie en hauteur, ou bien au contraire, il y a quelque chose qui absorbe la magie dans une cave.

Gorgar sent que nous sommes observés. Cette gourde de Lucy a l’idée de lancer une « détection de la magie », pour traquer d’éventuels rôdeurs invisibles. Au milieu d’une telle source de magie. Voilà qui lui fait bien tourner la tête !

Maerow voit alors quelque chose. Il bredouille : « F… Fantômes ! » En effet, des silhouettes brumeuses apparaissent alors. Lesdits fantômes traversent Gorgar. Quand ils sortent du Bariaure, ces apparitions ont l’air d’avoir plus de consistance. Elles ont pris un aspect plus humain. Elles se dirigent vers la serre, en montant le grand escalier. Nous les suivons. Lucy lève la main, et nous explique qu’il s’agirait de présences liées à un lieu. Quoi qu’il en soit, les fantômes s’estompent avant d’atteindre la porte de la serre. Nous y pénétrons.

Beaucoup de végétation vivace. Les plantes poussent presque à vue d’œil, mais contrairement à mes craintes, aucune liane n’essaie d’attraper Lucy pour lui faire subir les derniers outrages. Nous voyons au-dessus de nos têtes la coupole de verre. Au lieu du ciel écarlate, nous voyons un beau ciel étoilé. Gorgar affirme voir le ciel d’Asgard, sa patrie. Maerow n’est pas d’accord, il trouve que les constellations ressemblent davantage à celles de Golarion, avec des changements. Chacun est fermement persuadé de ce qu’il pense à ce sujet. Maerow pense que c’est l’anneau qui fait pousser les plantes.

Maerow repère un petit cours d’eau qui semble faire le tour de la sphère. La source de ce cours d’eau est enterrée sous une grande stèle marquée d’une gravure en forme de goutte d’eau. L’homme-chat ouvre la stèle, et récupère une fiole stylisée. Lucy comprend vite que c’est un objet qui fournit aux plantes leur énergie et leur eau. On décide de laisser cette fiole où elle est.

Maerow se souvient alors d’un élément crucial de son rêve : quatre blasons, chacun représentant un symbole : un anneau, une goutte d’eau, une épée et un quatrième élément, mais l’homme-chat ne s’en souvient pas. Notre objectif serait donc de rassembler quatre objets. On a un anneau et une fiole avec une goutte d’eau dessus, il faudrait trouver logiquement une épée et un quatrième objet notable.

Gorgar émet le désir d’aller dans la tour derrière le dôme. Il faudrait trouver un moyen d’y entrer. Enfin bon, en attendant, on va d’abord à la tour de droite par rapport à l’entrée. Nous tombons sur une bibliothèque. Le mobilier a l’air en bon état. On trouve des livres. Les textes racontent comment la province de l’Averoigne (actuelle Ustalav), il y avait une famille de magiciens qui se lança dans la pratique de nécromancie, ce qui a provoqué de fortes dissensions. Lucy relit un peu mieux les textes, et se rend compte qu’il est question de la famille Ambre.

En résumé, il y a trois cent vingt-sept ans, lors d’une insurrection, une magistrale explosion suivie d’une déferlante d’énergie magique s’est produite. Une bonne partie de l’Ustalav en a souffert. Après cette belle explosion est apparu le Duhalan, l’entité gardienne de l’Ustalav, surnommée aimablement le Cavalier sans tête. Cette entité est la conscience de tout le royaume, une sorte d’incarnation de la méchanceté.

C’est à ce moment-là que Maerow passe à travers un mur. Il aurait pu au moins avoir la décence de creuser un trou dedans, comme j’aurais fait ! Sa tête apparaît d’entre les briques. Il nous explique alors qu’il sait ce qui s’est passé : le patriarche des Ambre voulait utiliser la magie à des fins bénéfiques, notamment en créant des puits absorbant l’énergie négative venant d’Ustalav. Seulement, ses quatre fils n’étaient pas d’accord, car on pouvait utiliser cette énergie pour raffermir la puissance d’une armée, par exemple. Seul le patriarche avait réussi à raisonner ses enfants. Il a alors condensé toute sa magie dans un médaillon. Malheureusement, parallèlement, les quatre fils se sont alliés avec d’autres personnes pour voler le médaillon. Le médaillon aurait été volé par un individu à peau cendrée, portant des habits « exotiques ». Le patriarche a été détruit dans l’assaut. Et donc, cette suite d’événements a changé tout le positif en négatif. Tout a été bouleversé, et c’est ainsi qu’a été créé l’Ustalav tel qu’il est actuellement. Nous serions actuellement dans une portion d’Ustalav.

Et donc, derrière ce faux mur illusoire, il y a l’escalier de son rêve. En nous donnant tous la main (Lucy passe son doigt dans sa poche, que je le lui tienne), ils passent au travers du mur. L’escalier descend jusqu’à un long couloir, qui suit le mur de la structure. Là encore, les torchères s’allument à notre passage. Comme Gorgar l’avait pressenti, nous rejoignons ainsi la quatrième tour derrière la serre. Un grand escalier nous permet d’y monter.

Au fur et à mesure que nous montons, Maerow, qui marche en tête, se sent de plus en plus mal. Il est obligé de s’asseoir sur les marches. Gorgar lui propose de redescendre, aidé par Caleb, l’herboriste. Nous le laissons donc derrière, et arrivons finalement au sommet de la tour, avec la coupole.

Lucy semble alors complètement éblouie, comme si elle voyait quelque chose de particulièrement merveilleux et enchanteur. Un petit coup de dents sur son doigt, et ça lui fait reprendre conscience. Elle voit alors ce que moi, je voyais déjà : une grande pièce, avec une dizaine de squelettes sur le carrelage. Gorgar est en train d’avancer vers une colonne de lumière. Nous comprenons alors que cette lumière doit probablement être un piège mortel, en témoignent les restes des visiteurs précédents. Et le Bariaure y va tout droit !

Affolée, cette écervelée de Lucy se jette sur le guerrier quadrupède, lui monte dessus et lui attrape carrément les cornes pour le contraindre à changer de direction. Gorgar a un réflexe défensif ; il fait une ruade, et catapulte Lucy vers la colonne de lumière. Elle tombe juste à côté de la lumière. Mais moi… je plonge directement vers cette colonne irradiante ! Au tout dernier moment, elle… quelle triple crétine ! Pour dévier ma trajectoire, elle ne trouve rien de mieux à faire que m’envoyer un projectile magique en pleine poire !

AAAAAAAAAAHHH !!!



Je vais mourir.

Je le sens.

J’entends au loin la voix affolée de Lucy, étouffée comme si mes oreilles étaient obstruées de coton.

- Tatouille ! Mon pauvre Tatouille ! Dis quelque chose ! Bouge !
- Attends, dit la voix de Gorgar. Je peux le soigner, je…
- NON ! N’approche pas, mouton sans cervelle !
- Hé, à ta place, je baisserais le ton, petite.
- Un médecin ! Un guérisseur ! Caleb ! CALEB ! Au secours, il y a un blessé !

J’entends un bruit de pas qui approche. La grosse voix du Bariaure reprend :

- Tu devrais faire attention à toi, la demi-Elfe. Je n’aime pas qu’on me grimpe dessus.
- Ah oui ? Alors la prochaine fois, je te laisserai crever ! Tu vois tous ces squelettes ? Ce sont tous les gens qui sont tombés en transe à cause de cette lumière, comme toi !
- Je… Ah, je comprends. Je croyais être ailleurs.
- Moi aussi. Je n’ai pas trouvé d’autre moyen de te ramener à la raison !

Mais je ne fais plus attention à leur dispute. L’énergie magique… bienfaisante… se répand dans mon corps… Oh, je me sens si bien ! Je vois le visage de Caleb, l’herboriste, penché sur moi. Je devine qu’il m’a soigné.

Lucy me prend dans ses bras, me serre contre son cœur, et se répand en excuses, versant des torrents de larmes. Je l’entends très nettement me dire qu’elle est prête à se faire pardonner avec trois meules de fromage de qualité royale. T’inquiète, ma fille, je m’en souviendrai. Sans mot dire, je remonte dans sa poche. Et nous quittons cette tour pour redescendre. Nous rejoignons alors Maerow en ouvrant un passage secret dans un mur coulissant derrière lequel hésite l’homme-chat. Celui-ci, tout excité, nous montre un livre : c’est le quatrième objet à trouver dont il ne se souvenait plus.

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Quatrième entrée

Message par SPX Spécial le Dim 27 Sep 2015 - 19:52

Nous nous sommes finalement retrouvés devant un très étrange dispositif : c’est une porte avec un grand œil qui nous suit du regard (!), œil encadré de quatre niches, chacune pouvant accueillir un petit objet. Nous posons les quatre artefacts, et la porte s’ouvre. Ensuite, je ne sais pas ce qui s’est passé, mais j’ai perdu connaissance. Je me rappelle juste de la patronne qui elle-même commençait à flancher. Il y a eu comme une onde bizarre. Une fois encore, les mains expertes de Caleb me remettent sur pied. Il est bien, ce type-là ! Je peux donc voir la situation. Le mur devant nous a fait place à un passage entouré d'une arche de pierre gravée de symboles runiques, et nous ne savons pas trop qui va la franchir en premier. Caleb, seul parmi nous à ne pas avoir les sens aiguisés dans le noir, doit utiliser une petite pierre de lumière qui gravite au-dessus de sa tête. Maerrow qui semble reconnaître cet objet, appelle ça une Torche Ioun.

Se reprenant Maerrow se lance. Au moment où il s’apprête à poser son pied, il se retient de justesse, voyant qu’il allait marcher sur une dalle piégée. Maerrow et Caleb parviennent à désamorcer le piège, et à retirer une huitaine de dards faits semble-t-il en argent et dont certains semblent crépiter d'étincelles. Les deux compères tripatouillent encore plusieurs fois une sorte de mécanisme, et un bruit de machinerie se fait entendre au loin. Le couloir continue plus avant, et l’homme-chat repasse devant. Plus nous continuons d'avancer, plus les pièges se font nombreux. Enfin nous arrivons dans une partie de couloir dont le sol est recouvert d'une épaisse couche de poussière. En examinant les murs nous remarquons qu'ils ont l'air différent de ceux rencontrés un peu plus tôt. Nous comprenons que les mécanismes de tout à l'heure devaient déclencher le mouvement de certains pans empêchant d'aller plus avant.


Ma maîtresse, un peu vexée par une remarque d’un de ses camarades concernant son manque de prise d’initiative, décide de passer devant. Il semblerait que nous soyons les premiers à pénétrer dans cette partie du donjon, et personne n’est venu avant nous… et donc tous les éventuels pièges à sconses sont encore opérationnels...Maerrow repasse devant !

Mes moustaches se mettent à vibrer sous l’effet du changement de pression, nous sommes en train de remonter. Lucy me demande d’aller voir aux alentours pour percevoir quelque chose. Les trips de ces dernières heures ne me permettent pas de comprendre quelles sont ces odeurs.

Enfin, après une volée de marche nous débouchons dans une grande salle avec deux grandes portes en chêne massif dont l'une semble avoir mieux résisté au passage du temps que sa jumelle et des braseros éteints. Sur demande des autres, Lucy refait une détection de la magie, encore. Et elle tombe à plat, encore. Décidément, ce n’est pas « Tête-plate » qu’on devrait l’appeler, c’est « Tête-en-l’air » !

Caleb se dirige vers l’un des braseros, sans doute pour l’allumer quand tout à coups Maerrow l’interrompt. Il nous dit que, derrière la porte encore en bon état, s’il croit sa vision, il y aurait un laboratoire. L’oracle se concentre pour percevoir quelque chose – vu qu’il fait de la magie divine, il risque moins l’overdose. Le Tengû ne repère rien, et donc on laisse Caleb allumer l'un des braseros. Il ne se passe rien. Maerrow allume alors le deuxième.

Tentant alors d'ouvrir la grande porte ils sont obligés de s'y mettre à quatre vu son poids avant finalement d'y parvenir. Les efforts sont considérables, mais le bois finit par céder. Nous pouvons alors entrer dans une enfilade de salles dont la forme architecturale est assez tarabiscotée. C’est bien un laboratoire, assez ancien, plein de poussière, avec une vieille trace d’explosion au milieu.

Maerrow nous raconte alors sa vision : un magicien en train de faire une expérience au milieu du laboratoire, quand tout à coup une forme humanoïde vêtue de noire semble sortir de nulle part avant de se jeter sauvagement sur lui pour lui arracher son médaillon puis disparaître tout aussi mystérieusement.

Après avoir vérifié qu’il n’y ait pas le moindre piège, on commence à fouiller les lieux. Maerrow trouve une autre porte dérobée, qu’il ouvre. Cette porte est piégée, l’homme-chat évite de justesse une lame de guillotine qui s’abat sur le sol juste devant lui. La lame remonte lentement avant de se remettre en place. L’homme-chat pense cependant pouvoir trouver l’interrupteur pour arrêter ce mécanisme. Juste derrière, il y a les restes d'une petite chambre, avec ce qui dû être un grand lit, les restes d’une table, et un squelette – probablement la dépouille du maître des lieux. Ma maîtresse ouvre son four une fois de plus pour suggérer qu’on emporte ce macchabée afin de l’enterrer décemment. Caleb la prend au mot, et empoigne le squelette, avant de s’évanouir. Il pâlit à vue d’œil. Lucy s’empresse de le tirer par sous les aisselles, et c’est alors qu’elle reste crispée à l’apothicaire.


Nous sommes soudain assaillis par une vision composée de bribes de souvenirs décousus. où l’on voit un homme (probablement le Mage des visions de Maerrow) dans une gigantesque bibliothèque, en pleine recherche parmi de lourds tomes dont certains noms sont brièvement visibles bien qu'à demi effacés par le temps « Port... » , « La Source », etc...

Le même homme, plus âgé, toujours penché au-dessus de lourds volumes, mais cette fois dans son laboratoire, à un moment, il marmonne « Malefin que compte tu faire avec le phylactère de Gazaram ».

Une autre vision, le sorcier, bien plus vieux encore, retire son anneau, le pose au centre d'un cercle d'invocation recouvrant les deux pages d'un grimoire ouvert en grand, avant d'entonner un chant guttural dont les paroles me restèrent incompréhensibles. Le rituel s'achevant dans une magnifique explosion laissant un cratère en plein milieu de son laboratoire.


Maerrow faisant un effort pour se souvenir d'éventuelles informations qu'il aurait pu glaner par le passé sur les objets de cette époque (pour rappel 200 ans auparavant), finit par mettre le doigt dessus : Le phylactère de Gazaram aussi surnommé « Phylactère de Longue Vie ».

Une fois libre de ses actions, Lucy s'empresse de s'éloigner du squelette alors que Plume d’Ébène essaie de réveiller Caleb. Encore sous le choc, nous décidons d'établir notre campement pour quelques heure dans cet ancien laboratoire.


"*" : édité par le MJ

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Cinquième entrée

Message par SPX Spécial le Sam 16 Jan 2016 - 19:39

Alors que la compagnie réfléchit à la suite des événements, Lucy reste en transe devant un pan de mur, dans un coin de la pièce. Elle se rappelle d’un personnage qui aurait apparu et disparu vers ce coin. Maerrow tâtonne le mur, et se rend compte qu’il peut passer au travers. Il prend ma servante dévouée par la main, et tous deux s’enfoncent dans la pierre. Ils ressortent dans un tout autre endroit : une ruelle sombre, au bord d’un précipice au fond duquel coule une rivière. Ma servante a le réflexe de se jeter dans les bras de l’homme-chat, histoire de s’éloigner du trou le plus possible. Faudrait quand même qu’on m’explique quel est le gougnafier qui a bâti une ville avec un gouffre de cette taille qui la traverse, sans barrière de sécurité !

Je me demande comment on a fait, surtout ? On est passé du château en ruines à une ruelle sombre, assez crade, avec de la pluie acidifiée qui commence à tomber. Flûte ! Le ciel est plutôt terne aussi… enfin, le ciel… hé ! Il y a des maisons quelques kilomètres au-dessus de nous, et sur les côtés, aussi ! En fait, j’ai l’impression que nous avons débouché dans un gigantesque anneau dont nous serions sur la face intérieure ! Qu’est-ce que c’est que ce chantier ?

Lucy se souvient alors de sa dernière vision : le sorcier chez qui nous étions faisait des recherches sur un plan d’existence particulièrement fréquenté, nommé Sigil. Possible que ce drôle d’endroit soit justement Sigil…

Sigil ! La Cité aux mille Portes, la Cage, le centre du Multivers… les noms manquent pour désigner ce gigantesque croisement entre les routes de tous les plans d’existence. Cette gourde de Lucy voulait de l’exotisme, elle va être servie ! Mais elle n’a pas le temps de réfléchir plus longtemps.

Maerrow tâtonne le mur, pensant rouvrir le portail. Comme il n’y arrive pas, il agrippe carrément Lucy, et l’étale contre le mur. Il lui écorche le visage, la poitrine… Quand il se rend compte que ça ne marche pas plus, il arrête. Lucy lui colle une baffe. Une potion de Caleb fait passer la douleur, mais je sens que ma servante va être fâchée contre lui longtemps.

Le quartier où nous nous trouvons est vraiment pourri. Les pavés sont en mauvais état et jonchés de clochards, les caniveaux débordent, même le lierre a l’air dangereux, tout noir, avec ses feuilles coupantes comme des rasoirs. Mais ce n’est rien par rapport à la population locale. Il y en a vraiment de toutes les couleurs, et ces couleurs sont plutôt inquiétantes à regarder. On est bien loin des Nains, des Elfes, et autres donjonneries…

Tiens, justement, il y a un drôle de zigue dans la rue. Une sorte de personnage qui jongle avec une chaîne. On dirait un homme avec du sang de démon dans les veines. Les petites cornes ? Le léger pelage bleu électrique ? La longue queue qui fait virevolter des anneaux ? Toujours est-il que Maerrow lui demande l’adresse d’une auberge convenable. Coup de chance, ce type – un Tieffelin du nom de Nathaniel – nous invite à le suivre, car il va justement à l’auberge.

Plus nous nous rapprochons de l’extrémité du quartier, et donc de l’auberge, mieux nous entendons la suractivité à l’intérieur de l’établissement. Des noms d’oiseaux, des insultes et autres joyeusetés fusent. Quand nous franchissons le seuil de la porte, nous voyons que de nombreux clients sont à terre, blessés de partout, et je comprends pourquoi immédiatement.

Nous voyons une Elfe à la peau bronzée et à chevelure blonde, debout sur une table, qui invite les « volontaires » à venir se faire démolir. Quelle personne remarquable ! Habillée en djellaba, avec chèche, elle pointe une longue lame incurvée vers la foule. D’ailleurs, il y a justement un individu à peau jaunâtre qui vient lui présenter ses arguments à grands coups de poing dans la figure. Un autre, plus grand et plus brutal, lui passe devant pour le devancer. L’Elfe fait jaillir de sa main libre des éclairs, et les fait passer sur la lame de son épée, avant de s’en servir contre la brute (qui s’avère être un Orque planaire). L’individu à la peau jaunâtre retourne vite à sa place.

L’Elfe offre une tournée générale sur l’ardoise de sa victime. Les clients prennent leur commande auprès du démon Babo qui fait office de tenancier. Lucy n’en mène vraiment pas large, et je la sens de plus en plus moite d’inquiétude. Elle rechigne à s’éloigner de Caleb. Quant à moi, je ne suis pas près de quitter la poche de son gilet ! Maerrow va négocier le prix d’une chambre auprès de l’aubergiste – cette tête de crapaud visqueux nous demande cinquante pièces d’or ! Impossible de le faire changer d’avis. Nathaniel fait alors allusion à la « commission ». Alors ils sont de mèche ! Maerrow propose d’aller ailleurs. Nathaniel nous parle alors de la « Bête » qui rôde la nuit, à la recherche de promeneurs nocturnes à croquer. Ma maîtresse le prend au sérieux.

Maerrow propose un des morceaux de minerai dénichés dans le château en ruines. Le tenancier accepte de nous laisser dormir chez lui deux nuits. Nous (enfin, ma servante et ses camarades, devrais-je dire) nous réunissons pour tenir un « conseil de guerre » sur ce que nous devons faire.

Nous devons retrouver le phylactère d’Oridi Malefin. Comme nous sommes dans le carrefour central des plans, nous devrions pouvoir nous trouver un autre portail pour le plan où trouver le phylactère. Nous faisons davantage connaissance avec le Tieffelin, qui partage avec nous ce qu’il sait de Sigil, ville dans laquelle il cherche du travail. Lucy et ses camarades réfléchissent sur ce qu’ils pourraient faire pour prendre la température de la ville, et gagner un peu d’argent tout en cherchant le moyen de trouver le plan où nous rendre. Maerrow propose à Nathaniel de s’associer à nous, il accepte.

Cette tête-en-l’air de Flathead demande à l’aubergiste combien coûterait un bout de fromage. Il demande dix kilos de viande fraîche. Lucy ramasse un bras resté par terre. Malheureusement, son propriétaire est encore en vie et n’est pas d’accord. La demi-Elfe jette vite l’abat, et retourne se rasseoir. Quand Maerrow vante les mérites de notre groupe, la jeune femme épéiste éclate de rire. Celle-ci répond au nom de Tessara, et quelque chose me dit qu’elle va probablement nous suivre, elle aussi. Maerrow se propose alors de traquer la soi-disant « Bête », mais les informations que nous donnent Tessara et Nathaniel semblent de plus en plus abracadabrantes pour être prises au sérieux. Ma servante accepte l’idée de l’Homme-chat : aller au Gymnase, un endroit tenu par les Sensats où on pourrait trouver du travail.

Les Sensats… D’après Nathaniel, il s’agirait d’une faction de gens voulant découvrir les secrets du Multivers en éprouvant le plus de sensations possibles. Oui, on a appris hier qu’à Sigil, plusieurs factions se partagent l’influence sur les habitants de Sigil.

Le lendemain matin, tous frais et dispos, nos aventuriers se retrouvent pour le petit déjeuner… encore que Tessara est un peu en retard. Lucy semble dans une forme éblouissante, et a l’air d’être de bien meilleure humeur. Quel plaisir ! Une fois la jeune Elfe blonde revenue, nous finissons le repas, et partons vers le Gymnase. Notre groupe se divise alors ; Plume d’Ébène, Gorgar et Caleb partent de leur côté.

Le Gymnase est un point de rassemblement colossal. Plein de personnes à l’air sympathique abordent Lucy. Il faut dire que son ascendance féérique fait de l’écho. Il y a aussi pas mal de piloris sur lesquels sont cloués des parchemins, certains rédigés en commun, d’autre en elfique ou en céleste. Ma dévouée servante prend l’initiative d’écrire une note où elle propose ses services en tant qu’archéologue. Maerrow trouve une offre d’emploi de « dératisation » (qu’il essaie seulement de me toucher, qu’il essaie !) à l’Allée des Suicides (l’endroit où nous sommes apparus), offre diffusée par un certain Nyris.

Nathaniel aborde alors ma maîtresse. Il aurait entendu une phrase aux airs de message codé : « Regarde en l’air pour trouver le passeur du Styx, et pour rentrer, dis "donne ta chaussette à l’entrée" ». Cette idiote n’arrive pas à comprendre ce que ça signifie. En revanche, Maerrow y voit un peu plus clair. Le « passeur du Styx » serait un lieu. Quant à savoir le sens de cette histoire de chaussette, pas moyen.

Nathaniel parle alors de ce qu’il a entendu sur ces histoires de dératisation. Apparemment, il y aurait des rats particulièrement féroces dans les égouts, des rats bien plus balaises que mes cousins « normaux ». On va partir sur ce boulot. Mais je ne quitterai pas la poche de Lucy !

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Re: Planefinder - Journal de voyage de Lucy Flathead

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